Les 10 et 24 avril, ce sera Mélenchon

Dans une campagne où les stars ont peu brillé pour leur soutien aux candidats, plus de 2 000 célébrités, dont Blanche Gardin, Corinne Masiero, Anny Duperey, Bruno Solo et Romane Bohringer annoncent soutenir le candidat de l’Union populaire.

par Marceau Taburet

publié le 4 avril 2022 à 15h46

«Une fenêtre s’entrouvre dans cet environnement politique irrespirable, l’air semble plus léger.» A quelques jours du premier tour, 2 000 artistes, comédiens, écrivains et cinéastes appellent à voter pour Jean-Luc Mélenchon dans une tribune commune. On retrouve des figures comme Bruno Solo, Anny Duperey, Romane Bohringer, Corinne Masiero, Caroline De Haas, Sanseverino ou Catherine Corsini. Mais aussi des habitués, à l’image d’Annie Ernaux, d’Yvan Le Bolloc’h et de Robert Guédiguian, qui avaient déjà annoncé soutenir le candidat de l’Union populaire.

L’appel, publié sur une plateforme dédiée appelée «Ce sera Mélenchon», est accessible et peut être signé par tous. Si l’humoriste Blanche Gardin soutient pour la première fois un candidat à la présidentielle, elle n’en est pas à sa première prise de position politique. En 2019, elle refusait la décoration de chevalier des Arts et des Lettres du gouvernement d’Emmanuel Macron, lui reprochant de ne pas tout faire «pour sortir les personnes sans domicile de la rue».

Trou de souris

Cette année, les artistes se sont faits discrets dans la campagne. C’était jusque-là une tradition, qui a perdu de sa force à partir de 2012. L’exemple le plus traumatisant est sans doute celui de Faudel qui, après avoir soutenu Sarkozy en 2007, a vu son public se détourner de lui.

Après les 800 universitaires du week-end dernier, les 600 acteurs de l’Education nationale et les 160 économistes, c’est un nouvel appel de la société civile bienvenu pour Jean-Luc Mélenchon. Les signataires expliquent avoir, pendant longtemps, craint de «désespérer» dans une élection présidentielle qui semblait «écrite d’avance» et dans laquelle «seules la droite et l’extrême droite» occupaient «l’espace médiatique». Une situation qui aurait eu pour conséquence de laisser «la gauche, les questions climatiques et les enjeux d’égalité loin, très loin, derrière».

Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon est donné entre 15% et 16% d’intentions de vote. Marine Le Pen et Emmanuel Macron le devancent de quelques points. La qualification du candidat insoumis au second tour est possible, et ses soutiens le répètent sur tous les tons depuis plusieurs semaines. C’est le fameux trou de souris. Alors ces artistes décident de s’engager. Car, soulignent-ils, «si la gauche est au second tour, l’extrême droite n’y est pas».

«Il devient imaginable de gagner»

Si Mélenchon est qualifié, et donc participe au débat d’entre-deux-tours, des sujets comme «la retraite à 60 ans, le smic à 1 400 euros, la planification écologique et la fin des violences sexuelles» seront mis sur la table, jugent les personnalités signataires pour qui, «avec la gauche au second tour, il devient imaginable de gagner l’élection présidentielle».

Un état d’esprit qui tranche avec le défaitisme affiché chez beaucoup d’électeurs de gauche. Selon les 2 000 personnalités, chacun trouvera de bonnes «raisons de dire Jean-Luc Mélenchon n’est pas le candidat parfait». «C’est vrai», admettent-ils. Avant de reconnaître que «c’est, aujourd’hui, la meilleure carte dont nous disposons pour faire bifurquer le récit qu’on nous écrit depuis plusieurs mois». Et sans doute la seule.

Romane Bohringer, Blanche Gardin, Princess Erika, Anny Duperey, Caroline De Haas, Noémie de Lattre, Sanseverino, Zoran Boukherma, Flore Benguigui, Hannelore Cayre : à une semaine du 1er tour, elles et ils appellent avec plus de 2000 personnes à se mobiliser massivement pour mettre la gauche au second tour en votant pour Jean-Luc Mélenchon.

carolinedehaas
Féministe

Retrouvez les signataires de ce texte, signez et partagez-le sur https://www.ceseramelenchon.com/

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Les 10 et 24 avril, ce sera Mélenchon

Nous sommes nombreuses et nombreux, parmi les signataires de ce texte, à avoir eu envie de tout envoyer valser ces derniers mois. A désespérer devant une présidentielle écrite d’avance dans laquelle seules la droite et l’extrême-droite occupent l’espace médiatique, laissant la gauche, les questions climatiques ou les enjeux d’égalité loin (très loin) derrière.

Depuis quelques semaines, quelque chose a changé. Une fenêtre s’entrouvre dans cet environnement politique irrespirable. L’air semble plus léger.

La gauche pourrait accéder au second tour.

Ce second tour, ce sont deux petites semaines. Presque rien. Et pourtant.

Si la gauche est au second tour, l’extrême-droite n’y est pas. Elle pourra moins que d’habitude abîmer nos consciences, faire peur et attiser les haines. Deux semaines de moins d’extrême-droite à la télé et dans nos journaux, c’est moins de racisme, d’homophobie, d’islamophobie et d’antisémitisme. L’impact est direct sur la vie de toutes celles et ceux qui, parmi nous et en France, les subissent.

Si la gauche est au second tour, le candidat de droite ne pourra pas dérouler son programme de restrictions de nos droits sociaux et de nos libertés sans contradiction. Cela aura un impact sur la vie de millions de salarié·e·s qui n’entendront pas sans objection qu’il faut travailler plus ou que leur travail coûte trop cher. Cela aura un impact sur la vie de millions de fonctionnaires qui n’entendront pas sans objection qu’ils sont trop nombreux.

Si la gauche est au second tour, pendant deux semaines, nous parlerons de la retraite à 60 ans, du SMIC à 1400 €, de la planification écologique ou de la fin des violences sexuelles. Nous convaincrons des millions de personnes et cela conditionnera nos capacités individuelles et collectives de résistances et de mobilisations pour les années qui viennent. Nous parlerons enfin avenir commun.

Avec la gauche au second tour, il devient imaginable de gagner l’élection présidentielle.

Il y a un seul candidat qui peut permettre cela, c’est Jean-Luc Mélenchon.

Alors oui, vous trouverez chez chaque signataire de ce texte des raisons de dire ce n’est pas le candidat parfait. C’est vrai (existe-t-il d’ailleurs ?).

Ce qui est sûr, c’est que Jean-Luc Mélenchon est aujourd’hui la meilleure carte dont nous disposons pour faire bifurquer le récit qu’on nous écrit depuis plusieurs mois.

Les 10 et 24 avril, ce sera Mélenchon.

Parmi les signataires : Siegrid Alnoy, Jeanne Aptekman, Lauren Bastide, Flore Benguigui, Julien Boisselier, Yvan le Bolloch, Romane Bohringer, Lucie Borleteau, Zoran Boukherma, Dominique Cabrera, Françoise Castex, Hannelore Cayre, Catherine Corsini, Danièle D’Antoni, Eva Darlan, Caroline De Haas, Anny Duperey, Princess Erika, Annie Ernaux, Giulia Foïs, Blanche Gardin, Robert Guédiguian, Alain Guiraudie, Sam Karmann, Noémie de Lattre, Lyes Louffok, Louisadonna, Joy Majdalani, Corinne Masiero, Caroline Mécary, Stéphane Mercurio, Océan Michel, Antoine Peillon, Néhémy Pierre-Dahomey, Yann Samuell, Claire Simon, Bruno Solo, Sansevrino, Usul, Taoufik Vallipuram.

Retrouvez les signataires de ce texte, signez et partagez-le sur https://www.ceseramelenchon.com/