Pour comprendre le scandale McKinsey

Non seulement Macron n’a jamais répugné à donner du grain à moudre à ses petits copains, mais ce recours au secteur privé pour traiter les affaires de l’État, qui existait avant Macron a largement été amplifié par lui, durant ce quinquennat.

Pourquoi Macron fait-il plus confiance aux cabinets de conseil qu’à son administration ?

  • Parce que la religion du privé, c’est son ADN
  • Parce qu’il a tous les pouvoirs
  • Parce que l’administration française dispose (encore, mais pour combien de temps s’il est réélu ?) d’une arme redoutable pour les prédateurs comme Macron : le statut de la fonction publique. Macron peut nommer ou virer à sa guise les préfets, les patrons de chaines de télévision et de radio publiques, et beaucoup d’autres personnages importants de notre pays mais, à moins de faute (très) grave, il ne peut rien faire de tel contre son administration. Si ce statut, très particulier dans le monde, n’existait pas, il y a longtemps que l’administration française aurait disparu

On le voit bien dans l’histoire de notre pays, les gouvernements passent, l’administration reste. Contrairement aux États-Unis, par exemple, ou en vertu (si j’ose dire) du “spoil system”, quand un président change, toute l’administration change.

D’où l’intérêt pour Macron de faire appel à ses copains des cabinets de conseil.

Ce qui est très grave, car cela signifie que les grandes orientations de l’État et de son administration sont de plus en plus orientées par des intérêts privés !

Ce qui en l’absence de tout contrôle actuel de l’exécutif (à la seule exclusion du Sénat) produit ce que l’on constate depuis cinq ans : une privatisation rampante, la direction par objectif (c’est-à-dire la fin de la notion de service public) et toutes sortes d’autres avanies qui ne manqueront de se révéler dans les cinq prochaines années, si Macron est réélu.

j’ajoute que le Sénat ne s’est intéressé qu’à l’administration d’État. Rappelons qu’il existe aussi une administration régionale et une administration hospitalière. Or, les gens de McKinsey et Cie y sont également infiltrés, et en nombre depuis des décennies.

Le Sénat évalue les dépenses de type Mckinsey à un milliard. Compte tenu de leur présence (beaucoup plus discrète) dans les autres administrations, on peut penser que ce chiffre ne représente qu’une petite partie du montant total des dépenses de l’État phagocytées par le secteur privé.

L’administration hospitalière est tout à fait représentative des dégâts occasionnés par l’application des méthodes de management privées à un service public. Nos hôpitaux, jadis parmi les meilleurs du monde sont devenus les fantômes de ce qu’ils étaient.

Ce qu’a parfaitement démontré l’enquête diligentée par le Sénat. Institution qui, contrairement à l’Assemblée nationale réduite par Macron à une chambre d’enregistrement, a prouvé une nouvelle fois qu’elle n’était pas aux ordres de Macron.

Faut-il que la France, avec Macron, soit tombée bien bas pour que la seule institution qui lui résiste encore, soit le Sénat. Honorable institution au demeurant qui jusqu’à présent n’a jamais constitué, que je sache, un repaire de gauchistes.

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