Le chef d’Al Qaida au Maghreb tué par l’armée française

La ministre française des Armées, Florence Parly, a annoncé vendredi la mort au Mali du leader d’Al Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), l’Algérien Abdelmalek Droukdel, dans une opération des forces françaises. Un “succès majeur», et un “coup sévère” porté aux organisations terroristes dans la région, selon la ministre.

 

Droukdel était “l’un des authentiques poids lourds du jihadisme au Sahel”observe El País. Il était “le visage d’Aqmi et faisait aussi partie de la direction du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une sorte de confédération de groupes armés, créée en 2017 et devenue depuis le cauchemar de l’armée malienne, des forces du G5 au Sahel, de l’opération militaire française Barkhane et de la mission de l’ONU au Mali (Minusma)”.

Florence Parly n’a pas révélé beaucoup de détails sur l’opération, si ce n’est qu’elle s’est déroulée mercredi dans le nord du Mali, et qu’elle a aussi permis de neutraliser “plusieurs collaborateurs” de Droukdel. Elle a aussi revendiqué la capture, le 19 mai, de Mohamed el Mrabat, “un cadre important” de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), un groupe rival du GSIM.

“La France a 5 200 soldats en Afrique de l’Ouest, et coopère militairement avec le Mali depuis le début de l’insurrection, il y a près de dix ans”écrit le Washington Post. Mais les violences “ont explosé ces dernières années, débordant sur le Niger et le Burkina Faso”.

Le Daily Telegraph explique que le Mali “a sombré dans le chaos en 2012, quand des rebelles et leurs alliés jihadistes ont quitté la Libye avec des armes pillées dans les arsenaux du colonel Kadhafi, et ont conquis la moitié nord du pays”.

Vendredi, avant que la France n’annonce la mort de Droukdel, des “milliers de manifestants avaient défilé dans les rues de Bamako, la capitale du Mali, pour protester contre la corruption généralisée et l’incapacité du gouvernement à mettre fin aux attaques”, précise le quotidien britannique.

“Le combat est loin d’être terminé”

Selon la BBC, Droukdel était “un expert en explosifs”, et a fabriqué des engins “responsables de la mort de centaines de civils dans des lieux publics”. Il a également orchestré de multiples enlèvements “de citoyens locaux ou d’Occidentaux”, qui ont rapporté des millions de dollars à son groupe.

Aqmi est actif “dans le nord du Mali, au Niger, en Mauritanie et en Algérie”précise The Guardian. L’organisation a ses origines dans un groupe “créé à la fin des années 90 par des radicaux islamistes algériens, qui ont officiellement adhéré à l’idéologie d’Al Qaida en 2007”.

En janvier, rappelle l’agence Associated Press“Emmanuel Macron et les leaders du G5 du Sahel – Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad – avaient lancé un nouveau plan pour combattre les jihadistes dans la région”. Quelque 600 soldats français supplémentaires avaient été déployés.

La BBC relève que “les groupes jihadistes annoncent généralement très rapidement le nom des successeurs de leurs membres tués ou capturés”. Mais cela pourrait prendre davantage de temps cette fois, car “il y a des signes de tensions croissantes entre Al Qaida et son plus récent rival, l’État islamique”.

Mais que Droukdel ait un successeur ou non, “le combat est loin d’être terminé”, avertit le Washington Post“Plus de 2 000 partisans d’Al Qaida sont répartis à travers l’Afrique de l’Ouest, auxquels il faut ajouter des centaines de combattants ayant prêté allégeance à l’État islamique”.

“Ils continuent à alimenter les conflits entre groupes ethniques – en offrant leur protection comme méthode de recrutement – et instillent la méfiance envers les gouvernements”, explique au quotidien Emily Estelle, analyste à l’American Enterprise Institute.