Algérie : J’y suis, j’y reste !

Abdelaziz Bouteflika, par   un tour de passe-passe   d’une incroyable légèreté   politique, annule l’élection présidentielle du 18 avril 2019 pour…   rester encore au pouvoir.   Au moment où des millions   d’Algériens exigent qu’il quitte la   scène politique en raison   de son incapacité à diriger   le pays, il se fait concocter une bonne “recette”   politique à travers un   texte allant dans le sens   du poil, glorifiant le peuple et sa   mobilisation pacifique à présent   légendaire.   Certes, il ne postule plus à   un cinquième mandat, évitant   l’écueil du certificat médical et      du Conseil constitutionnel, mais   s’accroche encore au pouvoir   pour quelques bonnes années.   En d’autres termes, le président   Bouteflika énonce les mêmes   promesses que celles qui étaient   avancées lors de sa candidature,   une démarche déjà très critiquée   par l’opposition et les personnalités nationales indépendantes.   Cette annulation avec une   telle légèreté de l’élection   présidentielle pose déjà   problème.   Sur quelle base politique   compte-t-il convaincre la   société algérienne ? Y a-t-il un   état de guerre ? La nation est-elle   menacée ? Les marches des millions d’Algériens sont pacifiques,   elles n’engendrent ni violence ni   désordre, selon les déclarations      des officiels. Abdelaziz Bouteflika   compte rester au pouvoir pendant   encore deux bonnes années, le   temps de terminer sa longue, très   longue carrière politique et diplomatique aux “commandes” du   pays. L’homme est en déphasage   complet avec le pays et le peuple.   Les Algériens vont-ils accepter   ce nouveau scénario digne d’un   film de série B ? La ficelle est un   peu trop grosse. Va-t-il convaincre   cette jeunesse pétillante, qui veut   tourner cette page bouteflikienne   le plus vite possible pour passer   à autre chose, qui serait l’avenir?   Abdelaziz Bouteflika, c’est déjà le   passé depuis de longues années.   Il est le seul, apparemment, à ne   pas le comprendre…  

—Omar Belhouchet