Mélenchon et les Insoumis font une standing ovation à Édouard Philippe

La réponse du Premier ministre quant à la motion de censure déposée contre son gouvernement a convaincu le groupe insoumis.

Un instant de trêve. Alors que la mobilisation des gilets jaunes et la réponse policière qui y est apportée ne cessent de diviser Jean-Luc Mélenchonet Édouard Philippe, les deux hommes se sont offert un moment de répit ce mercredi 12 décembre à l’Assemblée.

“La meilleure façon de lutter collectivement contre le terrorisme, c’est souvent de continuer à pratiquer ce que nous croyons: la démocratie, le débat, et d’une certaine façon la fraternité”, a répondu le Premier ministre à une interpellation du chef de file de la France insoumise lors des questions du gouvernement.

“Nous allons donc continuer à débattre, monsieur le président Mélenchon, à ne pas être d’accord, résolument, vous et moi. Et au sein de cet hémicycle”, a-t-il poursuivi, alors que son interlocuteur applaudissait déjà en l’écoutant. “Car c’est la meilleure façon de lutter, pas la seule, mais une bonne façon de lutter.”

Et d’en arriver au cœur de la question du député insoumis: “La motion de censure qui avait été déposée contre le gouvernement et qui devait être examinée demain à 16h30.” En effet, les élus communistes, socialistes et insoumis ont déposé une motion de rejet qui, selon la constitution, devait être examinée dans les 48 heures après son dépôt. Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu’elle visait à “mettre fin à la malfaisance de ce gouvernement et à sa politique”. Mais du fait de l’attentat de Strasbourg, ces délais n’ont pu être respectés.

“Le Premier ministre et le gouvernement sont à la disposition de l’Assemblée, et ce débat aura lieu quand l’Assemblée le souhaitera”, a donc répondu Édouard Philippe, expliquant que l’Assemblée avait jugé bon de ne pas se pencher, en cette période de crise, sur le texte dans l’immédiat. “Et ce débat aura lieu pleinement, et nous pourrons exprimer nos désaccords. Et nous pourrons exprimer nos désaccords parce que fondamentalement, monsieur le président Mélenchon, nous sommes d’accord pour défendre la République et la démocratie”, a-t-il terminé, le groupe insoumis se levant, déclenchant une standing ovation dans l’ensemble de l’hémicycle.

Dans sa question, un peu plus tôt, Jean-Luc Mélenchon avait déjà fait montre de sa volonté d’union de la Nation dans l’épreuve traversée à la suite de l’attaque de Strasbourg. Il avait notamment dit au gouvernement “la totale solidarité des insoumis dans la traque que vous avez entreprise pour capturer l’assassin”. Et d’ajouter: “Nous sommes certains que vous avez fait et que vous faites pour le mieux dans les circonstances que nous connaissons. Cette circonstance nous fait devoir à tous. Il ne faut pas qu’il y ait de récupération politicienne de ce moment.”

Jean-Luc Mélenchon avait également expliqué que les insoumis “ne feraient pas un cas” d’un éventuel report de l’étude de leur motion de censure, donnant donc naissance à la réponse d’Édouard Philippe et plus largement à un moment appréciable de vie démocratique.

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