Mélenchon, l’union de la gauche ? Pas avant les Européennes

Les Européennes sont dans un an mais déjà tous les partis se préparent. Notamment la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. C’est une étape, pour sa stratégie européenne mais aussi au plan national ? 

Aujourd’hui, la France Insoumise ne compte qu’un député au Parlement européen. C’est Younous Omarjee. C’est lui qui a porté l’interdiction de la pêche électrique. Jean-Luc Mélénchon, lui, a lancé en avril,  un nouveau mouvement européen avec l’espagnol Podemos et le Bloco, le bloc des gauches portugais. Il continue de défendre sur la scène européenne son “plan A” – c’est à dire la renégociation des traités – et, en cas de désaccord, son “plan B”, la sortie de l’Union Européenne. Quant à la tête de liste, c’est un peu tôt. Mais on parle de Manuel Bompard, son porte-parole pendant la campagne présidentielle  ou de Charlotte Girard, la co-auteur de son programme.  

Et la prochaine étape, c’est au plan national qu’elle devra être franchie ? 

L’enjeu c’est l’union de la gauche ou en tout cas d’une grande partie d’entre elle. Comme me le confiait un proche de Jean-Luc Mélenchon : « Rien ne se fera sur ce terrain avant les européennes. Le véritable rendez-vous, ce sera tout de suite après. » Pourquoi ? Car les Verts et Generation.s de Benoît Hamon sont des européistes convaincus. Quant au PS, une de ses lignes de crête idéologiques est justement l’Europe et la clarification que fera le PS tout à l’heure reste… ambiguë.   

Mais que peut faire Jean-Luc Mélenchon ? 

Remporter, tout d’abord, le plus de sièges aux Européennes. Et ce, afin de multiplier les scènes de mobilisation. Au parlement européen, donc, et en prenant la tête de l’opposition de gauche, à l’Assemblée nationale, et on le voit depuis quelques semaines, dans la rue. Une mobilisation politique qu’il veut donc élargir au social et même syndical en invitant notamment la CGT à une action commune le 26 mai prochain. Ce n’est qu’une fois devenu le leader incontesté de cette opposition de gauche qu’il pourra espérer une alliance avec les Verts, Benoît Hamon et pourquoi pas une partie du Parti socialiste. D’autant plus, que l’an prochain, le contexte social risque de s’alourdir des réformes sur les retraites et le statut de la fonction publique. Une telle union des gauches ne sera possible qu’une fois les Européennes passées. Car avant l’heure, ce n’est jamais l’heure.

Jannick Alimi. – franceinter.fr