La Ciotat : Mélenchon, porte-parole des salariés de Gemalto

 

À Gémenos et la Ciotat, la société va licencier 200 de ces 1 600 employés d’ici fin avril. 

Société - Économie - Colère, angoisse, trahison, incompréhension... le plan social fait réagir les salariés de Gemalto
Menacés par un plan social, les salariés de Gemalto font part de leurs inquiétudes.

Je ne comprends pas. Vraiment. J’insiste. Je ne comprends pas cette logique“. Dès l’entame, Jean-Luc Mélenchon, député (France insoumise) donne le ton. L’élu est le premier homme politique a s’être rendu sur site, à la rencontre de l’ensemble des salariés de Gemalto, menacés par un plan social touchant près de 280 personnes, dont 200 sur les sites de Gémenos et La Ciotat. Il dame le pion à Benoit Hamon, candidat à l’élection présidentielle pour le Parti socialiste, qui a annoncé depuis plusieurs jours sa venue, mardi, sur le site de La Ciotat.

L’entreprise multinationale, de droit néerlandais, est spécialisée dans le secteur de la sécurité numérique. Elle est notamment le premier fabricant mondial de cartes SIM. Pour autant avec 300 millions de bénéfices, la société a entamé depuis un mois un plan touchant environ 200 ingénieurs sur la région. “Nous sommes au point mort, lâche Anne-Marie Chopinet, déléguée syndicale (FO), en un mois et demi, nous n’avons eu qu’une seule réunion.” Les membres de l’Intersyndicale ont mentionné le “manque de dialogue social” et se sont indignés du fait que les postes supprimés “concernent principalement les ingénieurs qui bossent sur des domaines d’avenir”.

C’est sur ce point-là, que réagira, Jean-Luc Mélenchon. “La cybersécurité, votre coeur de métier, est un domaine qu’il faut sécuriser. Cette compétence ne doit pas s’échapper à l’étranger. Les Chinois ne savent pas faire que des castagnettes et des ombrelles, peste le député, je n’ai pas bien révisé ma fiche, mais j’essaie de comprendre, la cohérence de tuer la bête, si ce n’est celle de vendre par compartiment.” L’élu s’est dit interpellé par la notion de sécurité. “C’est par ce biais que je vais amener cette question à l’Assemblée nationale.” D’un point de vue global, “ce qui m’intéresse c’est le fait que vous produisiez des objets avec une importance stratégique pour notre pays. Le raisonnement est tout de suite différent, et je trouve cela aberrant”. L’homme “inquiet” citera Alstom, prodige de la reconnaissance facile tombé aux mains de capitaux étrangers. “Cela ne doit pas se reproduire.” Une entreprise qui “a de la capacité intellectuelle, c’est vital pour notre pays. Si cela s’effondre, on ne le rattrapera pas”.

Car c’est bien là que le bat blesse. Gemalto est le géant Thales ont trouvé un accord. L’OPA devrait officiellement être annoncée cette semaine. “Mais nous savons que Thales sous-traite une majeure partie de sa production, explique Anne-Marie Chopinet, l’avenir est incertain.”

Le rachat par Thales suscite de nombreuses interrogations. Si a priori, le plan social n’a aucun lien avec ce rachat, “le fait que l’État français soit actionnaire du groupe, nous dérange, explique l’Intersyndicale, comment l’État peut supprimer 300 emplois.” Jean-Luc Mélenchon sautera sur l’occasion. “La clé c’est l’État, mais notre gouvernement a une vision exclusivement financière. D’autant que vous avez une activité d’intérêt général. Ce sujet va mettre mal à l’aise pas mal de monde.” Et le député garantir porter la voix des salariés au niveau national. Ce qui jusqu’à présent n’avait été fait que par le député des Hauts-de-Seine, dont le site de Meudon est également concerné par le plan social.

 

Rislène Achour – laprovence.com